écologie

Défilé Jacquemus : comme une impression de tourner en rond

Comme toujours tout le monde est en pâmoison devant le dernier défilé Jacquemus pour sa collection  » Le Papier ” qui a eu lieu dans un salin de Camargue. Et il y a de quoi, le décor est à couper le souffle et, une fois de plus, le créateur a su montrer son talent pour la scénographie et la mise en valeur de ses créations. Le marketing et l’image de marque sont ultra soignés, les influenceurs présents bien choisis (un savant mélange de nouvelles têtes, de cool kidz et de piliers du milieu de la mode). Mais une fois que l’on a souligné tout cela : qu’il y a t-il d’autre derrière Jacquemus ? 

Défilé Jacquemus Le Papier

Personnellement, avec sa nouvelle collection j’ai comme un goût de déjà vu. Si les décors changent, j’ai l’impression que la recette est toujours la même : des silhouettes sensuelles, souvent minimalistes, des matières naturelles, des tenues monochromes le tout accompagné d’accessoires qui vont vite devenir des “it bag”, “it shoes”, “it… (insérez un la mention désirée)”. 

Le style Jacquemus est reconnaissable entre mille et je l’aime beaucoup soit dit en passant, c‘est même d’ailleurs une source d’inspiration pour certaines de mes créations, mais pourtant j’en fais une indigestion. La hype autour de ce créateur est tellement puissante qu’elle emporte tout sur son passage. Sur Instagram il est partout dans les feeds des créateurs de contenus, dans les magasins de fast-fashion les copies de ses robes s’alignent sur les cintres, et dans la presse, les célébrités s’affichent en tenue Jacquemus pour leur mariage. 

Mode : vous reprendrez bien un peu de fast fashion ?

On vit vraiment dans un monde à deux vitesses. Alors que le marché de la seconde-main explose, que le vintage n’a jamais été aussi tendance et que les marques éco-responsables se multiplient, on n’a jamais vu autant d’ultra fast-fashion dans les placards. Avec en fer de lance le chinois Shein et ses montagnes de vêtements à prix mini. 

Cette dichotomie est encore plus visible sur les réseaux sociaux. Moi qui passe une (trop longue) partie de ma journée à scroller, je suis toujours amusée (il vaut mieux en rire qu’en pleurer) de voir alterner des posts qui vantent les mérites d’une petite marque de tricots made in France avec des vidéos de grand déballage d’achats : les fameux haul. Dans une orgie de sacs plastiques, de (très) jeunes gens exhibent leurs dernières trouvailles, une abondance de tops et pantalons à la dernière mode, qui lasseront leurs propriétaires dans deux semaines. C’est le problème des micro-trend, ces vêtements tendances, qui ne le sont que quelques mois, et qui se retrouvent au pire à la poubelle, au mieux dans des bacs de recyclage.  

Mode : Vinted le grand méchant loup de l’économie circulaire ?

Tu ne le portes plus ? Vends-le ! » Qui n’a jamais entendu cette phrase passer en boucle à la télé ? A grand coup de clips publicitaires, le géant de la seconde main Vinted a fait entrer dans nos têtes cette injonction à la  vente. Un geste qu’on imagine écologique, puisque participant à l’économie circulaire, mais qui finalement tient plus du greenwashing qu’autre chose.

Lettre au magazine Vogue

En janvier nous avions publié un article sur les tote bag et leur impact écologique. Article qui a d’ailleurs fait réagir sur Instagram notamment, prouvant que nous n’étions pas les seules à se désespérer de ce trop-plein de sacs en toile. Et bien peu de temps après, comme une parfaite illustration de ce que nous venions de publier, le magazine Vogue m’a envoyé un cadeau. Je vous laisse deviner la teneur de ce cadeau…

Alors j’ai décidé de leur écrire, je ne sais pas si je serai lue, mais au moins j’aurai dit ce que j’avais sur le cœur. Voilà ma lettre à Vogue, une bouteille à la mer qui, je l’espère aura peut-être un petit impact.

Le tote bag : le geste écolo qui n’en est plus un

Une dizaine : c’est le nombre de tote bag, ou sac en toile de coton, qui s’accumulent dans mes placards. Et le pire c’est que je n’en ai acheté aucun ! Arrivé en même temps que les premières interdictions de distributions de sacs en plastique, le fameux sac en toile fleurait bon l’écologie et la conscience anti-gaspillage. Mais comme pour toute chose, même si elle est bonne, l’excès est mauvais. Désormais le tote bag est devenu une catastrophe écologique et un parfait exemple de greenwashing.

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Que faire des marchés de Noël ?

J’ai connu tardivement les marchés de Noël. Car je ne suis pas née avec pour diverses raisons. Parce que d’abord Noël était bien plus sobre qu’aujourd’hui. La société de consommation n’était pas à son apogée et il suffisait de marquer le coup auprès des petits enfants que nous étions. Les grands se passaient largement de paquets car ils avaient été plus encore que nous à une unique orange au fond de la chaussure. Ainsi, avoir un cadeau mystérieusement arrivé devant la cheminée alors que nous étions tous réunis dans la pièce d’à côté était déjà extraordinaire.

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Jardinage : le hérisson ou anti-limace naturel

Il y a quelques temps, alors que nous rentrions de nuit à la maison, dans les phares de la voiture apparût un hérisson. Cette petite bête courrait sur la route, visiblement perdue, et affolée par la lumière. Le problème était que la route s’enchâssait entre deux hauts et longs murs de pierres sur des centaines de mètres et le hérisson ne pouvait s’échapper de la chaussée. Certainement que des conducteurs moins sensibles que nous pouvaient ne pas faire attention à lui… alors nous pilions. S’approchant de lui, force était de constater que cet animal avait bien des piquants, et même s’il avait bien voulu se laisser attraper, il était impossible de le tenir directement entre les mains.

Le cerveau cogitant, il nous sembla aussi que cette brave bête serait bien dans notre jardin pour manger les limaces. Car le hérisson est un auxiliaire plus qu’utile pour le potager : il adore les gastéropodes qui ainsi ne bouffent plus nos salades. Bon chez nous, le terrain est ouvert alors on estimait que la boule de piques pouvait se faire la malle sans faire son travail, mais le laisser sur cette route, c’était quasiment le condamner à mort.

Ma vie sans Amazon

Je n’ai jamais été très engagée, ou plutôt jamais très militante. Mais, et vous devez le percevoir au travers des articles de ce blog, il y a des sujets qui me préoccupent plus que d’autres et sur lesquels je veux faire des efforts notamment en matière de consommation. Alors depuis déjà cinq ans, je me suis donné une seule obligation : ne pas acheter sur Amazon. Une mission parfois plus délicate qu’il n’y paraît mais largement réalisable, un premier pas facile vers une consommation raisonnée.

colis amazon

Chevauchée en AMAZON.E

Je crois que j’ai mémorisé le terme Amazone alors que petite fille je regardais le feuilleton « Aurore et Sébastien ». La belle montait son cheval assise sur le côté et je ne manquais pas de le faire remarquer à ma mère, moi qui ne connaissais que le cheval de trait sur lequel, à ma grande crainte, on me posait à califourchon. Maman répondit que les femmes de la bourgeoisie chevauchaient ainsi car elles avaient de grandes jupes qu’il était inconvenant de relever. Plus tard, j’apprendrai en géographie que l’Amazone était un grand fleuve, et avec Cosmopolitan que les Amazones pouvaient représenter la «  libération » des femmes.

Amazon fragile

Puis ce nom me revint au début d’Internet par je ne sais quel ami qui me disait acheter ses livres sur Amazon, cette fois sans e, mais tout aussi prometteur de grandeur et de puissance. Quelle bonne idée que d’avoir une bibliothèque gigantesque ! Et pourtant, mes libraires m’ont suffi jusque là mais Amazon, elle, est devenue une pieuvre mondiale, modèle de stockage où l’on trouve quasiment tout. Je m’abstiens encore d’y acheter ; je me demande même si cela ne doit pas devenir du militantisme au plus je lis ou m’informe sur cette plateforme de commerce entièrement électronique. Entre mes étudiants qui y font leur stage, les articles et reportages de presse et les témoignages des employés, il y a de quoi se poser des questions. Petite synthèse de mes dernières informations entre une page de Néon (n°80 -février-mars 2021) et un article de Boris Yvanoff (DL 13/03/21) : en les lisant, je me suis sentie fière de ne pas faire partie des 22 millions de Français clients d’Amazon.

Ecologie pratique avec Michèle Rivasi

Je suis toujours admirative de voir des femmes à une place que j’aimerais tenir alors que je n’en ai pas la force. Je suis encore plus époustouflée lorsque ces femmes sont dans le dur univers de la politique et qu’elles y ont un discours dissonant par rapport aux modèles qui sont la plupart du temps dans l’opposition et le clivage qu’elle que soit leur appartenance. Ainsi, Michèle Rivasi me semble de cette veine et a pris le pouvoir qu’on ne lui aurait pas forcément laissé vu sa génération.

Michèle Rivasi

Oui, vous allez me dire qu’elle aussi a une couleur, la verte en l’occurrence… C’est peut-être pour ça que ce qu’elle fait me plait car je suis plutôt sensible à l’écologie, mais j’ai en horreur l’écologie politique. Et c’est là que Michèle Rivasi paraît avoir l’intelligence d’utiliser le système pour faire passer des idées qui au moins freinent les folies du monde à défaut de le changer complètement. Le documentaire Écologie : la méthode Rivasi diffusé sur France 3 le 17 novembre dernier a posé cela avec beaucoup d’intérêt et m’a confirmé que vraiment cette femme méritait bien un article.