Des Jours Meilleurs : le film au trio gagnant
- estelleasimone
- il y a 2 jours
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La comédie Des Jours Meilleurs sortira le 23 avril 2025. Avec plaisir, nous avons pu assister à son avant-première. Et bien en fait, je n’ai pas vraiment ri, mais souris oui… Découverte d’une comédie tout en finesse sur le drame social de l’alcoolisme au féminin : il fallait le faire !

Plutôt qu’un film qui ferait s’esclaffer gros et gras, c’est une histoire sombre traitée en légèreté où l’humour trouve sa place avec des individus caricaturaux malgré eux. C’est surtout extrêmement bien joué, quasi exclusivement par des femmes mises en valeur par Clovis Cornillac dans un rôle tout en discrétion mais forte présence. Cet ancien alcoolique est passé du côté de la sobriété et encadre désormais des cures de désintoxication.
L’alcoolisme au féminin serait-il un tabou de notre société ?
Car c’est bien le sujet de ce film où l’on suit des personnalités qui ont toute un problème avec l’alcool. Leur point commun : être des femmes, chacune ayant son parcours, ses émotions, ses soucis, qui nous sont révélés par quelques phrases bien posées. Les personnages sont campés avec lucidité et réalisme, et j’ai retrouvé ce que je connaissais de la problématique alors que je travaillais dessus il y a bien des années. Tout est là, décrit avec pragmatisme et sans fioriture : sombrer dans la boisson au quotidien sans se rendre compte que l’on est un poids pour son entourage et que l’on met sa vie en péril. Comment oser parler des femmes prises de boisson ? Eh bien, ce film le dépeint parfaitement.
Peut-on se sortir de l’alcoolisme ?
Pris sous l’angle de la maladie, on peut assurer que cela se soigne. Des rechutes, des rémissions ou des "guérisons" (c’est plus un état total d’abstinence qui signifie cela) existent comme dans tout parcours de soin, mais pour arriver à cela, la personne doit admettre ses maux et sa dépendance. C’est certainement le plus dur à faire : elle n’entend ni son entourage qui l’alerte, ni sa petite voix qui lui susurre qu’elle a franchi la ligne de la décence. Et puis un jour arrive l’accident, le (presque) irréparable. C’est ainsi que l’actrice, Valérie Bonneton se retrouve dans un centre fermé avec équipe éducative et psychiatre addictologue.
Sur le chemin de la réinsertion sociale…
Avec un groupe de femmes tout autant atteintes qu’elle, peu à peu nous la suivons avec ses comparses Sabrina Ouazani et Michèle Laroque qui incarnent parfaitement des parcours de vie remplis d’émotions et de failles. L’alcool est arrivé à petits pas dans leur vie, pour se préserver et être plus fortes devant leurs fragilités à gérer. Un temps il a joué un rôle mais à pas de loup il les a envahies, ternies, anéanties sans qu’elles ne puissent revenir en arrière. Pourtant la cure va leur proposer une route : cette aventure dont je laisse la découverte au spectateur est un objectif pour reprendre le dessus, retrouver la confiance en soi sans être accroc à la vodka ou autre vinasse.
Ce trio nous fait passer par des sourires et des pointes de tendresse, par des cœurs serrés ou même des révoltes intérieures. Qui n’a pas dit avec assurance "non mais moi, ce ne sont pas quelques petits verres de-ci, de-là, qui me feront tomber dans une telle déchéance, je maîtrise…". Et pourtant, nos vies ont si souvent besoin d’anxiolytiques que descendre à la cave et se gorger de Clos-Vougeot peut tous nous effleurer. Ca ferait peut-être cher le médicament, et encore faut-il l’avoir sous la main, mais c’est parfaitement accessible pour se réconforter !
Avant cela, courrez au cinéma pour constater les ravages de l’addiction, et surtout pour passer un très bon moment malgré le sujet. Jamais nous ne sommes dans le pathos ou le pathétique, le voyeurisme ou le trait grossi. Le film Des Jours Meilleurs est délicat, clair et éclairant, humaniste. A siroter comme un cocktail… sans alcool bien sûr !

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