Spectacle : Renouer avec Michel Polnareff

Et si l’on visitait « Polnarêves », un voyage onirique et musical ?

J’étais encore trop petite quand Michel Polnareff a eu de « vrais » succès pour remarquer sa singularité. Mais mon inconscient connaît bien l’air de Tous les bateaux, Tous les oiseaux qui vous fait vite voyager tout en étant consolée. Quelle composition, quels mots d’amour, quelles envolées d’une voix si fine.

Plus tard, alors que j’avais pu enfin pu me payer ma chaîne hi-fi en travaillant plusieurs mois (elle trône toujours dans le salon… ben oui, on est développement durable ou pas !), j’ai trouvé un double album de cet homme qui clamait haut et fort qu’il en était bien un. Pour celles et ceux qui ne le sauraient pas encore, notre chanteur avait en effet montré ses fesses en affiche -précurseur d’un temps où l’on voit bien pire- après l’avoir annoncé dans la chanson Je suis un homme. En mettant les vinyles sur le tourne-disque, j’ai alors découvert un univers musical que j’ai immédiatement apprécié. Sans doute avais-je déjà entendu ces sons à la radio alors que j’avais moins de 10 ans, mais avec bien dix de plus, j’ai écouté attentivement les paroles et me suis plongée avec délectation dans les mélodies.

Alors j’ai été emballée à l’idée de l’expérience d’immersion « Polnarêves » qui se tient à Paris du 2 juin 2022 au 1er mars 2023. Et j’y suis allée. C’est au Palace, un théâtre réaménagé pour l’occasion, où les fauteuils d’orchestre ont disparu pour laisser place à un espace où l’on pourra se tenir dans les images. Celles-ci sont projetées partout sur les murs et illustrent les chansons diffusées et sélectionnées par Polnareff racontant sa vie comme une suite poétique. On note bien là encore sa provocation, ou dérision, car dans le hall qui précède la salle obscure, nous avons quelques grands moments de son parcours. Eh bien, c’est loin d’être grisant, on pourrait presque dire qu’il a appris et produit dans la douleur. On entend aussi quelques phrases de lui dont l’une que j’ai trouvée plus marquante « je suis né vieux con », c’est dire l’estime qu’il a de lui-même alors que nous pourrions le qualifier comme compositeur et chanteur plus que génial.

Avançons maintenant dans l’antre où l’on trouve un fauteuil confortable en hauteur -et comme c’est le début de l’exposition, nous avons quasiment la salle pour nous, ce qui crée une sorte d’intimité immédiate avec le chanteur qui entonne Le Bal des Lazes. L’attente du film s’est passée avec des versions orchestrales des tubes de mes 33 tours de jeune fille, le noir amplifiant le chevauchement des synthétiseurs sur les bases classiques de la formation du petit Michel. Et les images d’animation arrivent de toutes parts, de la belle du château aux poissons dans une mer turquoise, aux coquelicots et champs fleuris qui apportent une touche onirique ; et l’on peut se croire oiseaux lorsque ceux-ci volent dans l’espace sombre sur des paysages enveloppés de sonorités agréablement planantes.

On a bien sûr envie de chanter qu’On ira tous au Paradis car on a l’impression d’être dans l’Eden tant les dessins animés, forêts et eaux émeraudes sont belles pour le final. Et j’en suis sortie un peu frustrée car c’est bien court quarante minutes attente du début comprise. Le temps passe vite avec tant de beauté que l’on nous fait payer un peu cher du coup : une grosse demi-heure, cela fait peu pour passer tous les succès que l’on a envie de fredonner. Ainsi, il nous manque quelques titres notoires… Je n’ai même pas entendu les sirènes de bateaux et le cri des mouettes que j’attendais.

Mais c’est quand même et encore du Polnareff qui fait vibrer l’ancien et le nouveau, qui a son style bien affirmé et c’est d’un professionnalisme épatant. Et nous n’avons pu nous empêcher d’envoyer la petite vidéo instantanée de La Poupée qui fait Non à la petite blondinette qui la chantait dans la voiture sur la route de la crèche. Qu’elle a grandi depuis, mais la chanson donne toujours envie de hocher la tête !

Alors je vous encourage à vivre cette immersion, que ce soit pour une découverte de l’œuvre de Michel Polnareff, ou la savourer en renouant avec lui. Entre nostalgie et modernisme, son Ame Câline suit la mienne pour la vie ou peut-être plus…

Polnareves, jusqu’au 1er mars 2023, au Théâtre Le Palace à Paris.

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