Mode : Vinted le grand méchant loup de l’économie circulaire ?

Tu ne le portes plus ? Vends-le ! » Qui n’a jamais entendu cette phrase passer en boucle à la télé ? A grand coup de clips publicitaires, le géant de la seconde main Vinted a fait entrer dans nos têtes cette injonction à la  vente. Un geste qu’on imagine écologique, puisque participant à l’économie circulaire, mais qui finalement tient plus du greenwashing qu’autre chose.

Avant Vinted, lorsqu’on faisait du tri dans sa garde-robe, le réflexe c’était de donner les vêtements dont on ne voulait plus à une association. On essayait éventuellement de les vendre au vide-grenier annuel du village, mais in fine ils se retrouvaient dans le carton “à donner”. Et c’est comme ça que beaucoup d’associations fonctionnent. Le problème c’est qu’avec l’arrivée et la démocratisation des plateformes de vente entre particuliers, ces dons diminuent fortement puisque tout le monde s’improvise commercial et met en ligne ses vêtements, le plus souvent pour une bouchée de pain. Ce phénomène, couplé avec la qualité décroissante des vêtements, a un terrible impact sur l’activité des acteurs de l’économie circulaire. 

Prenez Emmaüs, qui à toujours fonctionné grâce au don d’objets. Une grande partie de son activité repose sur la vente de vêtements d’occasion à prix ultra accessibles. Or, désormais, beaucoup d’articles qui sont donnés sont invendables : soit usés jusqu’à la moelle soit immettables, car, on ne va pas se mentir, les articles de fast-fashion ça ne résiste pas bien au temps… En fait, les “plus belles pièces” sont déjà parties sur Vinted (ou d’autres sites de revente) résultat Emmaüs se retrouve avec les restes des restes. 

Alors bien sûr, il ne s’agit pas de vilipender les plateformes de revente entre particuliers qui ont du bon,  à commencer par des articles à des prix plus accessibles permettant à bon nombre de se meubler, de s’habiller, etc. Moi-même j’en suis parfois une utilisatrice, que ce soit pour acheter ou revendre. Mais comme tout, il faut le faire avec bon sens.

Le problème de Vinted, c’est que la plateforme surfe sur le concept de l’économie circulaire alors que dans la pratique on est sur un exemple parfait de greenwashing. Une bonne partie de ses 19 millions d’utilisateurs actifs en France, vend des vêtements d’occasion pour pouvoir se racheter des vêtements neufs, bien souvent de fast-fashion. En témoigne le nombre incalculable d’articles estampillés Zara, Shein et compagnie que l’on retrouve sur la plateforme. Et on fait traverser la France (et même l’Europe désormais) à un article qui rapportera 2 euros à son vendeur… pas sûr que les calculs soient bons à ce prix là ! 

Pour aller plus loin, je vous laisse avec la vidéo de Label Emmaüs qui m’a inspiré cet article. 

4 réflexions au sujet de « Mode : Vinted le grand méchant loup de l’économie circulaire ? »

  1. Merci pour cet article très intéressant. Tu soulèves là des problèmes de société et la face cachée méconnue de ces sites de revente en ligne, tout cela est à méditer. Pour ma part j’ai toujours privilégié les dons, notamment à Emmaüs. Revendre c’est bien, mais il faut aussi penser à donner.

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  2. Je lis ton article quelques semaines après avoir vendu mon premier t-shirt sur Vinted … ! Eh bien je n’avais pas du tout vu les choses comme ça, c’est très intéressant et cela change tout à fait mon point de vue sur la plate forme. Non que je m’en faisais une grande idée écologique, mais effectivement je le voyais comme un vide grenier à l’échelle nationale… Bref, je vais changer de cap ! Merci à toi

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