Cinéma : Prémonitions, un film et des questions

En zappant alors que les propositions m’inspiraient peu à la TV, je me suis arrêtée au début du film « Prémonitions ». En lisant le titre et le résumé, bien sûr que je m’y suis vite calée car le paranormal m’intéresse depuis… toujours. La médiumnité m’intrigue et, entre mon scepticisme de « rationnelle éduquée » et les constats de mes rencontres mémorables avec quelques médiums, je cherche sa légitimité. D’autant plus que plusieurs m’ont informée avoir quelques bonnes capacités quant à « discuter avec les morts ». Mais c’est sûr, je n’ai pas les dons de voyance qui nous sont proposés dans le film qui m’a fort interpellée. C’est peut-être un film de seconde zone, mais sur ce plan je n’ai jamais été un bon juge. Il y a quand même Antony Hopkins dans la distribution. Et puis ce sont les questions qu’il pose qui me font vous le conseiller.

Le contexte est celui d’une énième enquête du FBI où sont placées les caricatures de deux coéquipiers : une doctoresse en criminologie bardée de diplômes et ne croyant qu’à la science dure et factuelle et un enquêteur expérimenté dont on sent plus la nuance acquise sur le terrain. Ces deux-là ont à faire à un tueur en série qui met en scène ses forfaits avec « élégance ». Force est de constater que les assassinés meurent instantanément sans souffrir et sans sévisses. Cherchant par tout moyen à arrêter le criminel, voilà que le policier fait appel à son ami pressentant l’avenir. Celui-ci s’est isolé du monde après la mort de sa fille ayant succombé à deux années douloureuses de lutte contre une leucémie. Naturellement, il est peu accepté par la policière qui ne croit pas au paranormal ; et sur le moment il refuse. Mais comme c’est un film, on le voit à l’œuvre quelques plans plus tard.

Je ne vous raconte pas toute l’intrigue mais au fur et à mesure des images, on vérifie les dons du médium. C’est en touchant les personnes qu’il peut parler d’elles ou simplement en les côtoyant de près. Ainsi, la doctoresse doit s’avouer vaincue quand il lui déballe sa vie de femme telle qu’elle est vraiment en dehors de ses fabuleuses connaissances. Médusée, jusqu’à la fin elle devient une aide et un soutien sans faille. On constate que cela doit être bien difficile de vivre avec de tels dons car cet homme, dès qu’il est dans la rue par exemple, happe des bribes des gens qu’il croise : c’est usant toutes ces images, d’autant plus que souvent il voit « l’important », c’est-à-dire les malheurs qui nous arrivent… C’est bien connu, ce qui se passe sans heurt dans nos vies est plat !

Sont posées aussi les questions de la position de « celui qui sait » :

  • doit-on dire à l’autre ce qui l’attend ? D’autant plus quand on a des facultés, ou des outils (comme mes thèmes en astrologie mais c’est aussi valable pour les marqueurs d’un cancer pour un médecin), qui permettent de présumer ce qu’il adviendra.
  • Et plus fort encore, celle de l’euthanasie. Au fur et à mesure du film, l’équipe se rend bien compte que le tueur est différent des malveillants habituels. Certes, il supprime la vie mais on dirait presque qu’il le fait avec « bienveillance ». C’est la piste que le trio explore finalement pour se rendre compte que les individus perdant la vie du fait de celui qu’il recherche ont tous une maladie incurable.
  • Et le médium comprend alors. Il ne connaît que trop cette situation affreuse que d’être impuissant face aux douleurs de quelqu’un qu’on aime, puisqu’il l’a vécue avec son enfant, sans pouvoir les abréger, les supprimer coûte que coûte. Ainsi il comprend que le tueur est encore plus doué que lui et qu’il aura toujours un temps d’avance. Tout simplement il connaît le futur médical de ceux qu’ils tuent…
  • Et en effet, cet homme a priori effroyable se présente un jour à notre médium alors qu’il est dans un café à méditer de la situation. Tous deux se confrontent, lisent en eux, se parlent au-delà des mots et l’on voit les flashes qui défilent à leur esprit. Comment ne pas s’interroger sur le fait que la moindre petite décision change le cours d’une vie ? Car ils se jaugent tous deux et voient l’enclanchement des choses selon les options que chacun prendrait.

La chute sera plus ou moins surprenante selon la finesse du spectateur qui l’aura devinée ou pas selon sa capacité à comprendre entre les lignes ce qu’à voulu indiquer le scénariste. Je ne la dévoile pas lorsque je vous apprends que le tueur en série indique au médium qu’il est un assassin. Devant l’écran, on le regarde en effet tirer une balle sur le criminel qui en a la prémonition. Non, à la fin du film, on se demandera toujours si le plus grand acte d’amour n’est pas le plus difficile à réaliser, thème que prend le malfaiteur… et de savoir qui aime vraiment.

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