Est-ce que je mange écolo ? Episode 2

Dans un précédent épisode, je vous avais parlé de l’émission « Le Monde de Jamy » (France 3 – 19/01/2022) qui m’avait beaucoup plu. La science nous apprenait ou confirmait concrètement comment le contenu de notre assiette pouvait avoir un impact fort sur l’environnement. Dans l’épisode 1, nous étions centrés sur les protéines encore trop en quantité dans nos menus par rapport à nos besoins, et pourtant dévastatrices au plan développement durable. Cette fois, je vous rapporte quelques données qui vont vous aider à agir dans votre quotidien alimentaire : notre planète et vous-même en serez certainement mieux.

Photo de ANTONI SHKRABA sur Pexels.com

Toujours par rapport à l’écologie et notre alimentation, il y a un chiffre effarant, à savoir que 30 % de sa production est produite pour rien. Je crois que cela se chiffre en deux terrains de foot par an et par personne, ou de nombreux trajets Paris-Lyon par semaine en terres cultivées et souvent maltraitées par la mécanisation et les intrants chimiques. Quand on pense que rien qu’en France on consomme plus que ce que la Terre peut nous donner dès la moitié de l’année environ, ça fait froid dans le dos. Et puis, cela représente 1 repas par semaine par personne de perdu alors que pendant ce temps, les Restos du Cœur cherchent des victuailles. Et pourtant, il y a de l’espoir si on prend les choses du côté du porte-monnaie.

Je suis sûre que cela va vous intéresser de faire des économies : mieux acheter pour moins gaspiller, c’est ici le challenge.

Petit mode d’emploi

Comme d’habitude, on fait le point de notre façon de faire les courses durant quelques semaines.

  • Est-ce que j’achète trop à tel point que je dois jeter (je fais sans doute partie de la moyenne qui jette 30 kg de nourriture/an/personne dont 7 même pas déballée) ? Le truc : compter, peser, mesurer ce qui est jeté.
  • Qu’est-ce qui est jeté ? Si ce sont des produits frais, peut-être pourrai-je faire mes courses autrement en les achetant plus régulièrement en bas de chez moi. Si ce sont des produits dits périmés, le sont-ils vraiment ? Beaucoup sont encore valables au-delà des dates limite de consommation indiquées, notamment les produits secs.
  • Ai-je acheté juste ce dont j’avais besoin ou les sirènes de la consommation m’ont-elles happé avec leur musique pousse-caddy ? Le truc : établir une liste et s’y tenir.

En adoptant tous ces petits gestes, on peut déjà calculer les économies dans le porte-monnaie et se dire qu’il y a moins de gaspillage sur terre.

Ensuite, on s’améliore en optant pour des aliments à impact faible ou modéré sur la planète. Par exemple :

  • On augmente la consommation de légumes et fruits pour diminuer la viande dont on vous parlait particulièrement dans notre épisode 1. Bien sûr les végétaux sont de saison : cela commence à être connu, et de proximité le plus possible. Cela étant, rien n’est vraiment simple. Prenons les tomates par exemple. On va se dire que les acheter en France, c’est mieux qu’en Espagne… pas si sûr. Car les tomates sont des fruits du soleil et sont relativement plus adaptées à l’Espagne qu’en France où, en plus, pour en avoir toute l’année, on les cultive en Bretagne sous des serres chauffées ! Alors comme pour les fraises, on se passe des tomates en hiver qui ont sept fois plus d’impact carbone qu’en été. En revanche, on mange des bananes : malgré leur éloignement, elles sont transportées par bateau, soit avec un faible coût énergétique par rapport à l’avion (ou même le camion) qui apporte nombreux fruits exotiques que l’on réserve pour les exceptions.
  • Pour les protéines, malgré la baisse vivement conseillée, on se met en tête que les bœufs, ce sont 16 % des gaz à effet de serre en France. Les agneaux et veaux c’est au moins six fois plus que les porcs et volailles. Alors que les moules de Bouchot ou les œufs sont bien préférables.

Certes, on peut se demander bientôt ce que l’on va devoir manger. Après les régimes et les effets sur la santé, si on se culpabilise pour l’environnement avec notre fourchette, y a de quoi en devenir anorexique ! Avant d’en arriver là, c’est le bon sens qui prime et l’attention nouvelle sur des habitudes à prendre que nous n’avions pas. Dans mon métier d’accompagnement au budget et à l’économie domestique, c’est très probant : on fait beaucoup d’économie (jusqu’à 200 €/mois pour certaines personnes que j’ai coachées).

Après l’assiette du « nutriscore », voici l’assiette écolo : ça tombe bien, c’est bénéfique à la santé et à notre gestion. Remplir son nourrain en verdissant ses menus, qui l’eut cru ?

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