Que faire des marchés de Noël ?

J’ai connu tardivement les marchés de Noël. Car je ne suis pas née avec pour diverses raisons. Parce que d’abord Noël était bien plus sobre qu’aujourd’hui. La société de consommation n’était pas à son apogée et il suffisait de marquer le coup auprès des petits enfants que nous étions. Les grands se passaient largement de paquets car ils avaient été plus encore que nous à une unique orange au fond de la chaussure. Ainsi, avoir un cadeau mystérieusement arrivé devant la cheminée alors que nous étions tous réunis dans la pièce d’à côté était déjà extraordinaire.

Puis nous avons grandi et nous nous sommes retrouvés dans des obligations sociales que j’ai trouvées rapidement surréalistes. Je crois qu’un jour j’ai compté 400 boîtes devant un sapin de Noël. Même si la famille est grande (cela fait vingt personnes qui s’offrent quelque chose), mon âme pressentant le réchauffement climatique s’est refroidie devant cette orgie d’échanges pas toujours valeureux.

Je passe sur l’aspect philosophique du cadeau qui enchaîne peut-être plus qu’il ne libère, et reviens à mon cœur qui a chaviré en voyant les bimbeloteries venues du bout du monde et qui contraindront à faire la poussière encore un peu plus. C’est normal, vu la quantité de présents auxquels chacun s’obligeait, il fallait bien trouver des solutions budgétaires ! Et combien de tortures mentales pour tenter de faire plaisir à l’autre…

Et un jour, les marchés de Noël sont arrivés dans la région. Sans doute le marketing et les animations commerciales les avaient-ils tout autant poussés que les vents du Nord-Est alsacien ! Alors la signification symbolique de la renaissance de la lumière a laissé place aux ampoules électriques colorées des stands de nos futures crises de foie (non, non, il n’y a pas de faute d’orthographe, même si nous avons aussi une crise de foi). Et aller boire son vin chaud est devenu une (bonne) habitude.

Puis le marché s’est étendu et a reçu de jolis chalets de bois abritant des montagnes d’objets sans qu’on ne prête attention à d’où ils venaient et qui les fabriquaient. Nos cadeaux porteraient-il les traces de la sueur d’enfants pour gâter les nôtres ? Ou nos technos adorées que l’on attend le 25 décembre sont-elles un peu tâchées de sang ?

Et maintenant, c’est la crise : sanitaire, de conscience, du pouvoir d’achat ! Alors les marchés de Noël, au moins chez nous, se mettent à la vertu : petits producteurs, artisanat, bio… Tout n’est que pour « consommer autrement ». Le problème, c’est que cela n’est pas du goût de tout le monde, même pas du mien qui milite pourtant pour que les frénésies de superflu cessent. Mais le poncho en poils de lama, je n’en ai pas envie : en plus, il a des couleurs criardes qui ne vont pas avec ma timidité ; et les saucissons grossiers de mon enfance, pourtant faits à la main et avec amour, je ne les avale toujours pas. J’ai même vu des sacs à courses recyclés à partir de nos cannettes de soda : entre leur fabrication et leur transformation en cabas (qu’il faut oser porter tant certains les voient hideux), ils ont dû faire au moins trois fois le tour de la terre. Mais c’est du commerce équitable… Qu’on se le dise, ce n’est pas parce que c’est « respectueux » ou « de qualité » que c’est bon et beau !

Quel dilemme ! Et si le problème était toujours le même : consommer pour consommer, les produits fussent-ils plus éthiques que ce que l’on a pu connaître ?

Avez-vous des astuces pour contrer un peu cette sainte folie de Noël ?

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