Actu : le tian c’est gratiné !

Courgettes, aubergines et tomates alignées dans un plat font un gratin provençal bien connu, le tian. Mais ici, il ne s’agit ni d’une gourmandise, ni d’une explosion de saveurs sur les papilles. Quoiqu’il s’agisse bien cependant de boum potentiel dont il faudrait gourmander les auteurs. Car le TIAN, c’est l’acronyme de « Traité sur l’Interdiction des Armes Nucléaires », tout un programme bien loin de la délicieuse recette, et hélas encore un vœu pieux à ce jour.

L’avoir formalisé est déjà un bon début sous le signe de la bonne volonté. Déjà, celle-ci est mondiale puisque c’est l’ONU (Organisation des Nations Unies : 122 états) qui l’a adopté en 2017. Ensuite, il est bien question du nucléaire de guerre et non du civil où il y aurait beaucoup à écrire aussi, mais ce sera pour une autre fois. Ce TIAN, c’est dire que les pays membres de l’ONU pensent paix, c’est déjà ça. On peut se dire qu’il y a quand même une forme de sagesse qui plane au-dessus de l’humanité ; ou peut-être les décideurs constatent qu’il y a des fous qui nous gouvernent et qui ont accès au bouton « bombe nucléaire ». Et qu’il s’agirait d’empêcher ces trublions d’avoir un coup de sang à tout faire péter, si ce n’est la planète au moins quelques contrées. Moins de dix pays possèdent l’arme nucléaire, je ne vais pas faire la liste de leurs leaders car ce serait prendre parti. Mais je vous propose de les chercher et d’étudier avec la plus grande objectivité possible le caractère et la profondeur d’esprit de ces gens. J’ai fait l’exercice et j’en ai encore des sueurs froides.

Transpirations aussi glaciales que l’arme nucléaire à qui l’ONU a déclaré la guerre avec le TIAN donc. Concrètement ce traité est entré en vigueur le 22 janvier 2021 : l’idée est de se désarmer, en l’occurrence de l’arme nucléaire, et dont il faudrait éviter la prolifération, le stockage, les essais, etc. Autant dire que cette échéance arrivera peut-être bien à la Saint Glinglin… et que les élections pourront encore longtemps nous menacer d’un pousseur de bouton rouge (enfin, je ne sais pas la couleur, mais en toute logique, celle-ci appelle la prudence).

Mais que faire à part voter et prier ? A vrai dire, il y a un biais, car ce TIAN prévoit des sanctions juridiques et il semblerait que les banques soient parties prenantes car elles financent les industries d’armement. Car bien sûr, il y a bien quelqu’un qui paie ces fabrications criminelles : nous tous ! C’est d’ailleurs une part d’économie florissante qui emploie beaucoup de monde. Dès qu’elle est menacée, on sort les arguments que cela aide la recherche, et c’est vrai, et qu’elle donne des emplois, et c’est vrai. Comme on a peur du chômage, on ne va pas plus loin dans le raisonnement, tout comme pour la recherche qu’on laisse aux savants. Pourtant, nous sommes bels et bien concernés et acteurs malgré nous de l’armement.

Avez-vous demandé à votre banque quelle est sa politique d’investissement vis-à-vis de ces questions ? On ne va pas se mentir, celles qui s’engagent à ne plus placer vos économies dans l’industrie de la terreur, c’est un peu comme le verdissement à la mode : peut-être plus pour l’image que pour le fond du problème. Mais au moins, ça fait bouger les lignes. Et d’ores-et-déjà certains établissements financiers renoncent à soutenir les structures d’armement nucléaire. Le plus croustillant là-dedans, c’est que ces établissements financiers sont dans les pays qui possèdent l’arme nucléaire, comme la France. C’est donc pour ça que nous pouvons faire un petit quelque chose : si nous demandons que notre argent soit placé ailleurs que dans les fonds alimentant le nucléaire à notre conseiller financier, la manne se tarit pour fabriquer tout engin explosif. Ca vaut le coup de regarder de plus près nos assurances-vie, les mal nommées si on songe qu’elles peuvent alimenter la mort, pour voir le contenu des unités de compte ! Ou les portefeuilles d’actions et autres titres qui cacheraient des consortiums peu porteurs de bonnes nouvelles.

Et même si nous n’avons qu’un livret A, on peut toujours s’intéresser et en parler. Sensibiliser aux légumes et à la cuisine saine, c’est quand même préférable à prendre des risques insensés pour l’humanité non ? Certains lui ajoutent des champignons, mais personnellement, je ne les digère pas, surtout lorsqu’ils sont atomiques. Alors, ça vaut le coup de prendre une bonne part de TIAN plutôt que cela ne nous coupe l’appétit.

Article inspiré de l’article « Armes nucléaires : entrée en vigueur du TIAN » de Patrice Bouveret- Observatoire des armements. Revue Sortir du Nucléaire n° 88.

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