Livre : la trilogie du Disque de Jade

C’est le genre de roman qu’on lit en été car on a le temps : trois tomes de 500 pages environ chacun, ce n’est pas rien ! A moins que l’on ait envie de dépaysement et d’histoire, alors on s’y atèle pour découvrir la Chine ancienne -qui n’était pas encore Chine- au temps des Royaumes Combattants, soit quelques 500 ans avant Jésus-Christ.

Livre : la trilogie du disque de Jade
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Cette trilogie se lit facilement, mais il faut entrer dans le style de l’auteur que certains puristes de la langue française ne caseraient pas dans la « grande littérature » : quelques répétitions peuvent alourdir le propos. Mais ce serait oublier son érudition sur le fond : José Frèches en connaît un rayon en sinologie, et il a un parcours intellectuel et professionnel qui ne peuvent que nous apporter.

Et puis, lorsqu’on est féru comme moi de métaphysique chinoise, on en a de fortes allusions au fil des pages, bien que ce ne soit pas la thématique centrale. Celle-ci se place dans l’histoire de ces rois qui envahissent leurs voisins du fait d’une ambition démesurée pour devenir le plus grand et le plus puissant. On y découvre aussi la place des femmes -bien réduite, mis à part les enjeux d’être otages, ou intégrées au gynécée- à moins d’être reine, mais là on finit ensevelie vivante dans le mausolée de son mari… Leurs seules armes sont peut-être la séduction et nos trois volumes regorgent de leurs ébats érotiques. Ainsi, nous avons la saga de plusieurs souverains, qui se déroule en incluant des bribes de ce que la Chine d’aujourd’hui conserve encore : le « grand mur » (la future grande muraille de Chine), les textes fondateurs et l’héritage de pensées (Confucius, le Taoïsme…), les cultes et rites, la soie, etc. Tout comme dans bien des civilisations, nous constatons le gouffre entre les milieux du pouvoir et du peuple, celui-ci étant soumis et totalement impersonnel pour les premiers, les violences étant terribles et le prix des vies inexistant, et cela à tous les niveaux hiérarchiques… maigre consolation d’égalité humaine.

Énième illustration pour écrire que « ce qui mène le monde est le cul et l’argent-pouvoir » pourrait-on commenter ! Mais l’histoire est romanesque, elle nous apporte des héros, des destins hors du commun que l’on a envie d’aider et de savoir comment ils aboutissent. Ainsi, nous vendons des chevaux célestes avec Lubuwei, marchand qui deviendra l’un des plus puissant Premier Ministre du Qin, ou nous imaginons le fringant « Poisson d’Or » aussi exceptionnellement beau que son caractère est juste et bon, sans laisser de côté « Feu Brûlant » qui nous fait découvrir le monde des eunuques. Entre des éléments bien tangibles comme la rudesse de la guerre ou le raffinement des Lettrés, nous dégustons aussi de la symbolique de la transcendance. Ainsi, le disque de jade est-il un porte-bonheur qui semble agissant ; on fait appel au Yi-Jing ou aux souffles du feng shui pour savoir si l’on doit attaquer son adversaire ; on écoute le géomancien ou le prêtre taoïste pour trouver les bons emplacements ou les élixirs de longue vie.

J’ai donc dévoré ces livres pour ces derniers points car je les attendais, d’autant plus que je sais aujourd’hui décrypter ces astrologies des lieux et des personnes. Mais on peut tout à fait suivre les trois volumes sans connaître ces disciplines pour s’identifier : sera-t-on le despote bâtisseur ? la reine quasi prostituée ? la prêtresse esseulée ? tout à la fois dans la trilogie du Disque de Jade :

  • Tome 1 : les chevaux céleste,
  • Tome 2 : Poisson d’Or,
  • Tome 3 : les iles immortelles

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