Le lin, filière bleu espérance

D’abord, il y a cette couleur d’un bleu unique, entre ciel et parme, de la fleur de lin. C’est en légère contradiction avec l’Albâtre, nom de cette côte normande ou la plante fleurit en nombre. Qu’importe, le lin se plait au bord de la Manche, et se (re)fait une santé au bord de cette mer : son cours financier augmente car ses fibres textiles sont de plus en plus demandées, alors, les agriculteurs se (re)mettent à la cultiver.

Champ de lin normand

Car le lin est bien connu depuis fort longtemps. Comme pour beaucoup de plantes, l’homme a su tirer parti ses fibres -avant que n’adviennent les synthétiques- pour en faire des tissus à usage vestimentaire, et aussi d’accessoires, de linge de maison et de décoration. On connaît aussi le lin pour son usage alimentaire : dit lin doré, ses graines donnent une huile très riche en oméga 3. Bien que de la même famille, ce dernier est peu cultivé en France, alors que le lin brun, aux tiges plus hautes, fait de notre pays le premier producteur au monde. C’est ce que nous explique l’article « le lin tisse un avenir prometteur en Normandie » (Plantes et Santé n° 214).

Ce qui nous plait dans le lin, au-delà du bleu printanier

Sa culture, dès lors qu’il est implanté là où il est bien. Dans un climat comme celui de la Normandie : doux et avec de l’humidité, surtout en été car le lin apprécie peu les fortes chaleurs. En ce moment après sa coupe, c’est son temps de rouissage : une opération qui se fait sur place, grâce au mariage de la pluie et du soleil qui agissent sur la fibre. C’est un travail agricole propre à la région, et donc guère délocalisable. Après plusieurs semaines de ce traitement, les bottes de lin terminent leur préparation, en vue du tissage , au centre de teillage, opération qui fignole la tige pour la séparer de la paille.

Ce côté écologique est cependant un peu mis à mal pour l’étape suivante : le filage. Celui-ci se fait donc à partir des filasses normandes envoyées pour l’occasion… en Chine, ou peut-être ailleurs à l’autre bout du monde, là où la main d’œuvre sait encore tisser, et à moindre coût. Et quand on sait que le lin revient ensuite vers notre continent pour y être façonné, ses atouts se fanent un peu, beaucoup…

Que cela ne nous décourage pas de porter du lin, ce bienfaiteur de l’été, et dont le retour en force permet tous les espoirs de rétablir la filière complète en France. Avec la mode du « consommer mieux » et des « circuits courts », ou encore de la « redécouverte des métiers », des filatures sont en création (Emmanuel Lang en Alsace par exemple). Et puis, même sans être « bio », le lin reste une culture avec peu d’intrants chimiques. Et avec un peu de chance, et du haut de gamme, comme celui de la marque Embrin, il aura été filé en Italie : c’est pas si loin.

tenue en lin

Décidément, le lin est indémodable car intemporel. J’aime ce textile naturel, agréable à porter car il régule la chaleur du corps. Il absorbe la transpiration, le tissu est léger et se prête bien aux formes amples bienvenues par temps estival. Je le choisis aussi pour parer mon intérieur : par exemple, je ne me lasse pas du tombé de mon magnifique rideau rose en voile de lin. J’ai lu aussi que le lin favorisait le sommeil car les draps, comme pour les habits, régulent l’humidité et la température de notre couche. Limitant les allergies et l’eczéma -ses fibres repoussent les bactéries et les acariens-, le lin a ainsi tout pour plaire. A part peut-être qu’il se froisse vite, bien que là encore, des progrès ont été réalisés : entre la longueur des fibres et la libération des femmes, les plis sont moins importants et le coup de fer vite passé. C’est tout vu, le lin, on l’adopte. On va d’ailleurs vous concocter un total look dans un prochain article.

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