Agriculture : mais qu’est-ce que tu as dans le slip ?

La terre est notre planète et depuis la nuit des temps elle nous nourrit. Dès que nous nous sommes redressés, nous avons perçu ses ressources et peu à peu l’agriculture est née, nous permettant de nous sédentariser, de diversifier notre alimentation et des millénaires après, d’être des milliards. Cela étant, l’humanité ne mange pas toujours à sa faim aujourd’hui, et des contrées ont encore du mal à faire fructifier le sol alors que d’autres se gavent et gaspillent. Cela a un prix trop ignoré et j’ai envie ici de faire un parallèle entre la richesse des sols et… nos sous-vêtements ! Entre parties intimes et petites bêtes infimes, y auraient-ils connivence ?

Agriculture

D’abord, le prix de la surproduction alimentaire qui demande de l’énergie, laquelle se raréfie (fondée sur la mécanisation et le pétrole). Gaspillage éhonté dont on commence à parler.

Ensuite, le prix de la dégradation des éléments naturels, comme l’eau polluée par les intrants chimiques, et pompée sans vergogne dans les sources et nappes phréatiques. Et si un jour, celles-ci tarissaient ?

Enfin, celui des dommages quasi irréversibles. Je viens de l’évoquer pour l’eau, mais nous l’avons fait depuis longtemps pour les sols. Je me souviens de la leçon de géographie du lycée sur les « belt » américains par exemple. Ce sont de vastes étendues dédiées à une seule culture, laquelle, pour viser de grosses quantités, est arrosée d’engrais, pesticides, herbicides et tout produit pouvant garantir la poussée des céréales. Eh bien, le professeur m’a marquée en nous expliquant que ces champs étaient morts. C’est-à-dire qu’il n’y avait plus aucun être vivants pour les régénérer et faire qu’ils permettent aux semences de grandir. C’était l’équivalent de régions entières de terres arables qui étaient ainsi devenues cendres et ne produisaient que grâce à l’outrance mécanique et chimique. C’étaient les années 80/90. Depuis, on sait bien que les vers de terre ne font plus de galeries dans ce type de culture…

Slip en terre !

Bon, d’accord, tous ces lombrics, insectes et autres bactéries font souvent peur quand on est petit (et même grand) et que l’on gratte la terre. A chacun son truc. Mais il est temps de reconnaître leur utilité et l’humus qui va avec si l’on ne veut pas mourir de faim. Certes, le purain et le tas de fumier qu’épandaient mes grands-parents et mon père pouvaient nous faire rougir de honte quand les voisins se plaignaient de l’odeur… mais maintenant, on sait que c’est de l’écologie pour manger bio et que c’est tendance ! Vite ressortons les « gandouzières » (nom local du tonneau d’épandage) et lisons les livres de Marc Dufumier le bien nommé. Ce chercheur consacre sa vie à l’étude des sols et au développement agricole (sain) et son rapport avec les famines et l’alimentation planétaire.

De ces affaires de pipi et caca de vaches, il n’y a qu’un pas avec le slip ! Le propos n’est pas ici d’écrire sur sa fabrication, qui est aussi une culture agricole, s’il est en coton, mais de son dernier usage. Car une expérimentation, avec cet objet de désir -ou pas- est en train de se faire en Ardèche pour vérifier la qualité des sols des vignes. La production viticole est souvent associée à un appauvrissement de la terre même si l’on voit de plus en plus le retour au vin naturel ou bio. Alors, il s’agit tout simplement d’enterrer un bon vieux slip de coton et de vérifier son état au bout de quatre mois. Vous l’aurez compris, s’il est détérioré, c’est que les petites bêtes ont fait leur travail, et donc qu’elles sont là pour ameublir le sol agricole, et qu’il y a à parier que la nourriture sera bonne par la suite. Après l’expérience, on a retrouvé des slips intacts alors que d’autres étaient des lambeaux difficiles à repérer s’ils n’avaient pas eu d’élastique. Et ça va généralement avec le mode d’agriculture : en bio, le sol abrite des composteurs sans conteste et le coton ne s’y tient pas bien.

Comme quoi, porter synthétique, c’est ni bon pour les lombrics, ni certainement pour ce qu’on a dans le slip ! Alors, vive la petite culotte en coton (bio) : à la fin de sa vie bien remplie, elle servira encore à tester le potager.

4 réflexions au sujet de « Agriculture : mais qu’est-ce que tu as dans le slip ? »

  1. voila une utilisation de nos bons vieux slips dont on ne peut que se réjouir … je vais les regarder autrement dorénavant. Merci

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  2. Je viens de passer un super moment en lisant cet article. Je ne savais pas que l’Ardèche faisait le test du slip…. J’habite en Ardèche et personne ne m’a encore parlé de ça. Mais je vais le sortir hein, ça fera rigoler les paysans du village.
    Je teste les sols avec une solution beaucoup plus simple : le crottin de cheval. Facile, mes chevaux sont au pré et n’avalent pas de produits chimiques alors sur un sol « riche », le crottin est composté en 48/72h par le dessus et pas le dessous. Incroyable de voir tous les insectes qui interviennent dans la décomposition. Quand le crottin est intacte après 3 jours, c’est inquiétant et quand il reste 3 semaines, on peut dire que le sol est mort.
    Tu m’as fait rire avec le fumier parce que le fameux crottin, je le ramasse tous les jours et je le composte dans un coin du (des) pré.
    Dans mon potager, ça pousse tout seul 😀
    Vive la campagne et les slips en coton (le chanvre, c’est mieux)
    Belle fin de journée

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