Coronavirus : après, on cohabitera en intergénérationnel ! (Confinement épisode 21)

J’ai toujours été habituée à ce qu’il y ait au moins trois générations sous le même toit lorsque j’étais petite. Et puis, les HLM pour tous et les campagnes désertifiées, laissant les vieux et les fermes péricliter, sont advenues : les jeunes couples du babyboom ont pu repeupler le pays en toute indépendance familiale. Ouf, c’était peut-être tant mieux pour les belles-filles qui n’avaient plus une belle-mère sur le dos … vraiment ?

Habitat intergénérationnel

Cela a marqué aussi la libération des femmes qui ne voulaient plus, au-delà d’habiter chez leurs beaux-parents, épouser un paysan… la terre, décidément, c’était trop dur, trop arriéré. Mais comme tout est cyclique, tout revient ! Aujourd’hui, l’amour est dans le pré est un succès, la belle Karine Lemarchand a bien des candidates au retour dans les champs. Alors, y’a pas de raison que loger chez mamy ou chez papa-maman, sans se faire traiter de Tanguy, ne revienne pas.

Peut-être les choses vont-elles d’ailleurs se précipiter ? Covid 19, passant par là, a montré plus que jamais les conditions d’isolement des personnes âgées (et je ne parle pas des coûts que notre pouvoir d’achat ne pourra pas forcément assumer dans l’avenir pour gérer leur hébergement). Et je suis émue de voir à la TV que de très jeunes adultes se soucient de leurs grands-parents jusqu’à vouloir les rapatrier chez eux. Bien sûr, il y a des conditions de santé qui font que certains anciens sont plus faciles à prendre en charge en institution spécialisée que chez soi, mais avant cela, combien de seniors passent leur vie esseulés ?

En cette période de confinement, le journal quotidien apporte des témoignages de retour à la cohabitation familiale. Comme cette grand-mère qui s’installe chez sa fille et son gendre, réquisitionnés au travail, alors que ces derniers ont un bébé. Elle est tout heureuse de s’en occuper et de faire les bons petits plats pour tous : depuis sa retraite, elle ne s’était jamais sentie aussi utile, et donc bien vivante. Ou ces jeunes parisiens partis se mettre au vert chez leurs grands-parents : ceux-ci sont enthousiastes de vivre ainsi. Ces installations de circonstance sont pourtant la règle de vie d’une grande part de l’humanité : qui en Asie ou en Afrique imaginerait vivre autrement qu’à plusieurs générations et en famille ?

Nous sommes tellement loin de cette pensée que nous avons inventé « des associations de cohabitation intergénérationnelle ! ». Dans ma région, celui qui l’a créée est prêt à faire construire une maison prévue pour accueillir « un senior inconnu »… alors qu’il n’a même pas pensé que ses parents ont une grande villa parfaitement adaptée qu’il pourrait habiter !

Avant d’adhérer à ces regroupements, considérons que cohabiter est économique, optimise le parc des logements, crée du lien social qu’il n’est plus besoin de compenser par des antidépresseurs.  Alors qu’est-ce qui cloche ? Rien, si ce n’est la pression sociale. C’est un peu comme faire le choix d’élever ses enfants dans une société où l’on prône une femme libérée par le travail (lequel serait extérieur, le travail domestique n’étant pas reconnu) : faut être costaude pour assumer ! Désormais, nous avons la chance d’avoir des logements modulables, où chacun est chez soi tout en étant intégré dans un ménage, de pouvoir déménager facilement : pourquoi pas penser à se rapprocher ? Les études, le travail, nous ont déracinés, emportés loin de nos familles… Et si le covid 19 apportait une autre lecture ? Cette situation de confinement fait mettre en pratique pour certains d’autres façons de se côtoyer au quotidien, ou encore de percevoir l’éloignement familial différemment de ce que l’on avait pensé.

Chacun est libre d’habiter comme il l’entend, y compris Tanguy qui est parfaitement bien chez ses parents et se rend bien compte que la Chine, c’est trop loin. Et pourquoi pas ? Les périodes de vie sont différentes, à un moment, on a besoin de liberté et à d’autres de retrouver la chaleur d’un foyer connu. Certes, on se crêpera encore le chignon en habitant ensemble, mais il y a un dicton qui dit qu’il est préférable de laver son linge sale en famille… « Ensemble, c’est tout » écrirait Anna Gavalda.

Et vous, chez qui habitez-vous ? Comment ça se passe ?

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