Confinement épisode 11 : après, les oiseaux s’envoleront…

En cette période propice à la lecture, je pioche dans mes revues. Ainsi, cet article est inspiré par « les Echos Week-end » n° 195 -13 et 14 décembre 2019.

Hirondelle de printemps

En hiver, nous avons pris l’habitude de nourrir les oiseaux… cela me paraît fou comme le monde qui me semble l’être ! D’abord, quoi de plus libre et autonome qu’un oiseau qui se pose partout où il veut et qui n’a pas attendu les hommes pour vivre (les oiseaux sont les descendants des dinosaures) ? Ensuite, d’où viennent les graines que nous leur achetons ? Ne sont-elles pas issues des cultures qui justement les font disparaître ?

Car les oiseaux disparaissent à une vitesse impressionnante : un tiers de la population en moyenne en quinze ans, et bien plus selon les espèces. Pourquoi ? Les causes sont simples et a priori particulièrement liées à l’agriculture intensive et monoculture. En effet, nous avons modifié ou rompu un cercle où chaque espèce est interdépendante, nous compris. Pourtant, elle n’est pas si loin cette chaîne de vie qui m’a vue grandir et dont j’ai le souvenir : des myriades d’hirondelles (chute de 40 % de le leur population), des champs de blé dont les chaumes ne sont pas labourés et font mal à mes petits mollets, de la luzerne et des pois semés dans les champs moissonnés…. Ce sont là des habitudes de culture paysanne, perdues en une quarantaine d’années, qui seraient pourtant la solution au problème. Qu’est-ce qui a changé ?

D’abord, il y a les intrants chimiques en grande quantité (pesticides, herbicides…) qui tuent les insectes, la nourriture des oiseaux. Quand bien même ceux-ci trouveraient une petite bête à dévorer, elle serait de la protéine empoisonnée au long cours (tiens, ça me rappelle notre chaîne alimentaire…). Ensuite, il y a le gigantisme des exploitations agricoles : d’une ferme de quelques hectares, on est passé à des étendues vides de possibilités d’habitat pour les oiseaux (et autres petits animaux d’ailleurs). Car les oiseaux ont besoin de bosquets, de buissons, d’herbes hautes pour se cacher, se reproduire, nicher… Il suffirait de (re)planter des haies pour proposer des parcelles de 5 ha maximum qui semblent leur convenir. Il y a aussi la chasse qui perdure malgré des directives européennes alarmistes. Ou encore les chats en surpeuplement. Non, je ne parle pas de notre félin domestique bien repu par ses croquettes et qui joue avec nos chaussettes : si de temps en temps il réussit dans sa torpeur à attraper un oiseau, ce sera juste pour nous indiquer sa reconnaissance. Ce sont les chats errants qui doivent bien trouver à manger et qui déciment les oiseaux communs (la stérilisation des chats est donc préconisée).

Ces petits passereaux auxquels on ne fait pas attention, que l’on n’entend plus parce qu’ils sont de moins en moins nombreux et dont les chants sont couverts par les bruits urbains, sauf en ce moment où tout est arrêté : écoutons ces piaillements et sifflets que l’on entend parfois mieux sur une chaine-hifi que dans nos parcs ! Si l’on parle un peu plus des espèces très menacées (même les cigognes l’étaient… c’est peut-être pour ça que notre courbe de natalité a baissé 😊 ?) et des programmes de leur sauvegarde, que fait-on pour l’ortolan, la sittelle torchepot ou le chardonneret ? On leur donne des graines et du gras aux mauvais jours ! On adhère à la ligue de protection des oiseaux, …

Ce n’est déjà pas si mal mais qui a dit que l’enfer était pavé de bonnes intentions ? Car n’est-ce pas mettre « un emplâtre sur une jambe de bois », foi de paysan ? En fin de compte, cette question des oiseaux est du même acabit que celle de notre chaîne alimentaire. Car nous aussi, on mange les insecticides des céréales… et bientôt on n’aura plus d’alouettes pour manger les mauvaises herbes (alors on met de l’herbicide !) et les 3000 moustiques par jour que mangeait une hirondelle nous dévorent (et on vaporise du tue-mouche !). Le covid 19 nous montre les lacunes de notre organisation socio-économique : après, il sera temps de rectifier le tir. Si chacun fait un (petit) geste, cela devient une grande force. Promis, je soutiendrai les replantations de bocage je retournerai encore chez le boulanger bio au moins une fois par semaine. Et je donnerai les miettes du pain aux oiseaux : pas pour leur survie, ce n’est pas ça qui compte. Simplement pour les observer d’un peu plus près, mais pas trop car ils s’envolent bien vite à notre approche, et c’est tant mieux.

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