Billet d'humeur sur le café et ses capsules

Collection capsule

L’odeur du marc de café froid que ma grand-mère mettait de côté pour le compost m’est revenue en remarquant dans mon magasin bio des filtres à café en métal. Tout n’est que recommencement : assise sur les genoux de l’arrière-grand-mère, je la vois me déposer délicatement car il s’agissait de mouliner les grains à la main, dans cet appareil à manivelle dont j’exaucerai le vœu plus tard de la tourner. C’était d’ailleurs difficile, et le joli boîtier en bois s’est retrouvé en décoration un temps sur la cheminée avant le grenier ou le tri par le vide, remplacé par le moulin à café électrique.

Ce dernier a aussi disparu depuis longtemps (sauf pour celles qui l’ont recyclé pour produire leur sucre glace ou hacher leurs fines herbes), car les paquets de café déjà mouliné et sous-vide s’y sont substitués. En même temps, les filtres jetables en papier sont venus gonfler nos poubelles… perso, j’ai quand même toujours fait attention à ne pas acheter ceux qui étaient blanchis à grand coup de produits chimiques… tout ça pour qu’ils soient colorés en brun par le jus !

Mais le pire a été l’invention de la capsule. A l’instar des lames de rasoir jetables ou autre (on vend un support et on gagne de l’argent avec les consommables), le marketing a bien fait son travail. Qui ne succombe pas à se penser star en buvant son ristretto (What else) ? Et pourtant, collectionner les capsules est une monstruosité pour l’environnement, et le porte-monnaie. D’abord, il faut produire les machines, puis les capsules en aluminium. Longtemps, celles-ci n’ont même pas été recyclées (alors que le matériau s’y prête) jusqu’à ce que, avec une pression citoyenne suffisante, elles soient récupérées. Mais à peine la moitié l’est. Scandale. On sait que la tasse vaut son pesant d’or par rapport à un café filtre… si au moins cela pouvait-être un argument pour éviter la production d’aluminium ! Mais le pire, c’est qu’on croit que ça a les mêmes vertus : il n’en est rien. Le petit noir, à la capsule égoïstement colorée, que l’on prend en pensant se tenir éveillé, n’apporte même pas la caféine comme le fait ma simple cafetière à filtre brun (je concède, électrique depuis vingt ans) !

Les collections capsules sont à la mode mais celles de café non ! C’est démodé de faire du mal à la planète.

Bonus : la cafetière à filtre permet de récupérer le marc de café. Après qu’il ait servi de base à notre breuvage préféré il peut tour à tour devenir engrais et même produit de beauté pour les belles plantes que nous sommes. Une recette au pied levé, prenez une poignée de marc mélangée à de l’huile végétale (noisette, argan, coco, etc) et voilà un gommage pour le corps naturel et bon pour la circulation.

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