Défilé Jacquemus : comme une impression de tourner en rond

Comme toujours tout le monde est en pâmoison devant le dernier défilé Jacquemus pour sa collection  » Le Papier ” qui a eu lieu dans un salin de Camargue. Et il y a de quoi, le décor est à couper le souffle et, une fois de plus, le créateur a su montrer son talent pour la scénographie et la mise en valeur de ses créations. Le marketing et l’image de marque sont ultra soignés, les influenceurs présents bien choisis (un savant mélange de nouvelles têtes, de cool kidz et de piliers du milieu de la mode). Mais une fois que l’on a souligné tout cela : qu’il y a t-il d’autre derrière Jacquemus ? 

Défilé Jacquemus Le Papier

Personnellement, avec sa nouvelle collection j’ai comme un goût de déjà vu. Si les décors changent, j’ai l’impression que la recette est toujours la même : des silhouettes sensuelles, souvent minimalistes, des matières naturelles, des tenues monochromes le tout accompagné d’accessoires qui vont vite devenir des “it bag”, “it shoes”, “it… (insérez un la mention désirée)”. 

Le style Jacquemus est reconnaissable entre mille et je l’aime beaucoup soit dit en passant, c‘est même d’ailleurs une source d’inspiration pour certaines de mes créations, mais pourtant j’en fais une indigestion. La hype autour de ce créateur est tellement puissante qu’elle emporte tout sur son passage. Sur Instagram il est partout dans les feeds des créateurs de contenus, dans les magasins de fast-fashion les copies de ses robes s’alignent sur les cintres, et dans la presse, les célébrités s’affichent en tenue Jacquemus pour leur mariage. 

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Un syndrome d’imposture Hillary (Clinton) ?

Se présenter à la Présidence des Etats-Unis : une imposture d’Hillary ?

Étonnamment je me suis vu proposer deux biographies d’Hillary Clinton en une semaine. Alors je ne pouvais que répondre à ce signe bien que spontanément je ne me serais pas tournée vers une telle lecture. La première est de sa propre rédaction, ou plutôt avec l’aide d’une journaliste a priori si j’en crois la deuxième. C’est un pavé et j’ai eu du mal à avancer car c’est extrêmement détaillé : la dame de Chicago raconte par le menu ses rencontres, presque au jour près. La multitude de noms américains nous parlant peu, cela peut vite devenir lourd. C’est alors que le second livre, écrit par Christine Ockrent et en format poche, m’est arrivé. J’ai ainsi laissé le gros estimant que je me ferais déjà une opinion avec la version de la « reine Christine » (ndlr mais pour les jeunes, la journaliste a été la première femme à présenter le journal télévisé en France).

Si ces ouvrages ne sont pas passionnants ou à suspense comme un roman ou un polar, je leur trouve le mérite de poser bien des questions quant à la condition de femme. Car tout au long, c’est ceci qui est soulevé devant la façon dont Mme Clinton a pu être traitée. J’avais déjà trouvé qu’il fallait être un surhomme en découvrant le métier de Président à travers Nicolas Sarkozy, mais pour elle, il lui faut être exceptionnelle ! Pas faite comme moi, c’est sûr, et pourtant j’ai pu me reconnaître en elle quant à ses émotions qu’on ne voit jamais à la télévision mais qui sont bien là.

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Mode : vous reprendrez bien un peu de fast fashion ?

On vit vraiment dans un monde à deux vitesses. Alors que le marché de la seconde-main explose, que le vintage n’a jamais été aussi tendance et que les marques éco-responsables se multiplient, on n’a jamais vu autant d’ultra fast-fashion dans les placards. Avec en fer de lance le chinois Shein et ses montagnes de vêtements à prix mini. 

Cette dichotomie est encore plus visible sur les réseaux sociaux. Moi qui passe une (trop longue) partie de ma journée à scroller, je suis toujours amusée (il vaut mieux en rire qu’en pleurer) de voir alterner des posts qui vantent les mérites d’une petite marque de tricots made in France avec des vidéos de grand déballage d’achats : les fameux haul. Dans une orgie de sacs plastiques, de (très) jeunes gens exhibent leurs dernières trouvailles, une abondance de tops et pantalons à la dernière mode, qui lasseront leurs propriétaires dans deux semaines. C’est le problème des micro-trend, ces vêtements tendances, qui ne le sont que quelques mois, et qui se retrouvent au pire à la poubelle, au mieux dans des bacs de recyclage.  

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Je nomme Cécile Renouard Première Ministre

Malgré un peu d’avance sur « l’esprit écolo », devenu aujourd’hui transition écologique pour que cela fasse moins « Khmer vert », et que les décideurs se l’approprient un peu plus, je n’avais jamais prêté attention à Cécile Renouard. C’est bien dommage car cette femme est assez extraordinaire.

J’avoue, ma rencontre avec Pierre Rabhi remonte à une trentaine d’années, et en ce temps là j’étais totalement dans le bain de « ma part du colibri » que j’axais sur mon habitat écologique. Une fois cela fait et transcrit, sans perdre de vue cet univers (j’ai encore participé à une fresque du climat récemment), ma vie a continué pour en fouiller d’autres. Mais tous les bons chemins se croisent, et c’est ainsi qu’un article sur Cécile Renouard m’a interpelée car elle y était présentée comme chantre de la « sobriété heureuse », concept issu de la pensée de Pierre Rabhi justement.

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Le bonheur s’apprend-il ?

« C’est bien toi la plus heureuse » était une phrase assez répandue alors que j’étais jeune fille. J’avais un copain qui, ne sachant sans doute pas trop que répondre à mes discours, concluait facilement la conversation ainsi. Comme s’il voulait dire qu’il n’était guère satisfait de son sort mais bien incapable de le formaliser. Cela m’embêtait fortement car c’était une affirmation qui ne convenait ni à mes émotions, ni à ma perception alors de la vie : à 20 ans, on est si vite noyé par un chagrin d’amour ou par l’anxiété de ne pas trouver un travail que l’on ignore souvent tout du bonheur.

Ballon de baudruche
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Mode : Vinted le grand méchant loup de l’économie circulaire ?

Tu ne le portes plus ? Vends-le ! » Qui n’a jamais entendu cette phrase passer en boucle à la télé ? A grand coup de clips publicitaires, le géant de la seconde main Vinted a fait entrer dans nos têtes cette injonction à la  vente. Un geste qu’on imagine écologique, puisque participant à l’économie circulaire, mais qui finalement tient plus du greenwashing qu’autre chose.

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